carnets 2 cousins

2 cousins sur la panamerica à la rencontre des populations locales

08 juillet 2009

Le Nord Argentine: les magnifiques provinces de Salta et Jujuy

Nous quittons Aguas Blancas, le cœur gros pour se rendre à Aguas Calientes. Nos amis de la frontière sont tous là pour nous souhaiter une bonne route et pour célébrer les 60 ans de notre dévoué Victorio.

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Chaque détail du paysage que l’on reconnaît nous rappelle que nous faisons notre premier demi-tour du périple. Nous nous ressourçons  dans les bains thermaux et pendant que François dresse notre maison mobile, je me rends au village voisin pour chercher du Fernet-Coca, notre boisson coup de cœur argentine. Nous passons une très bonne soirée à parler comme des minettes, nu comme des vers (on n’a toujours pas remplacé nos maillots de bain volés en Uruguay…), à manger quelques fruits entre nos nombreux verres de Fernet. Le réveil est “à la Depardieu” et nous avons besoin de quelques matés dans les bains thermaux pour nous remettre d’aplomb.

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Sur la route de Jujuy, on fait un crochet par un Parc National où il est étonnant de voir comment la végétation et le climat changent si rapidement avec l'altitude. On retrouve Javier, gérant de l’auberge où nous avions dormi avec les Piyus, afin qu’il nous renseigne sur les charmes de la Province de Salta. Il nous enchante en nous parlant des nombreux sites à découvrir. On décide de dormir dans une auberge gérée par un couple de français, Yves et Jean-Paul. Ils nous raconteront comment, las de la routine, ils ont vendu leur magasin et quitté leur responsabilité commerciale pour vivre autre chose, différemment.

Nous démarrons tôt depuis la vallée verdoyante de Jujuy et nous atteignons rapidement la haute vallée sèche de Humahuaca. Le premier village traversé est construit entièrement de briques séchées au soleil et dégage une atmosphère de western. En grimpant vers le cimetière, je m’arrête époustouflé devant un lama ; c’est la première fois que je me trouve nez à nez avec ce camélidé que j’ai connu il y a 23 ans dans Tintin et le temple du soleil!

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La montagne des sept couleurs entoure le village de Purmamarca et ces minéraux de toutes les couleurs si proches des uns des autres sont impressionants. Dans le village de Tilcara où la falaise ressemble étonnamment à une palette de peintre, nous découvrons le vignoble le plus tropical argentin, Punta Corral. Dans ce cadre splendide, sous les oliviers au milieu du vignoble, le vin est juste parfait !

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De village en village, de détour en détour nous explorons chaque recoin de cette vallée colorée ou les cactus Cardon marquent le paysage.

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Nous franchissons le tropique du Capricorne puis nous dévions vers des chemins de terre pour grimper jusqu’au village andain de San Isidro (spéciale dédicace à la famille Delort et à Tucu). François sur la Transalp se traîne, et pour cause, la bécane avance à peine et cale à 3400 mètres. Ce modèle Transalp 2006 a un injecteur d’essence un peu grand et il lui manque donc de l’oxygène en altitude pour la combustion de l’essence. Nous faisons donc demi-tour de nuit jusqu’aux prochaines habitations. En cherchant la porte de la ferme je m’embourbe dans le lisier de porc et la fermière sort bien inquiète de ces deux motards (nous sommes sur une route transitée uniquement par les locaux où très peu d’étrangers s’aventurent). On la rassurera tant bien que mal et elle nous dirigera vers l’école où nous sommes très bien accueillis par le directeur. On aura même le droit à un bon repas et des matelas dans le réfectoire.

Au petit déjeuner, François et moi présideront chacun une table d’élèves où nous sommes surpris de voir que les enfants mangent dans un silence absolu. Après le lever du drapeau salué par l’hymne argentin, nous échangeons avec les élèves sur notre parcours et leur donnons un cours de français.

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Nous partons à l’assaut du col à deux sur l’Africa Twin et c’est sans soucis que nous franchirons le col à 4000 mètres d’altitude.

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La descente sur Iruya est splendide tout au long des 1600 mètres de dénivelés. La piste de terre s’arrête mais nous tenons absolument à rejoindre le dernier village de San Isidro par un bras de rivière sec à cette époque de l’année… La moto aura du mal à garder son équilibre sur ces pierres non stabilisées ; on atteindra finalement le village bien trempé. Le retour sera fatal à Pancho qui voulant éviter de se mouiller les pieds perdra l’équilibre en plein milieu de la rivière… dégoulinant et avec un rétro viseur en moins nous retrouvons la piste.

Nous arrivons juste avant la fermeture du seul garagiste de Humahuaca, afin qu’il nous aide à bricoler la Transalp pour qu’elle roule en altitude. En effet, les plus belles routes passent par des cols jusqu’à 5000 mètres ! Sous ses conseils, on enlève le filtre à air… Et il est vrai que le lendemain on franchit un col à 3800 mètres sans soucis. Nous atteignons La Quiaca qui relie Ushuaia par les 5121 kilomètres de la route 40 !

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Notre ami Marcelo (le meilleur garagiste moto en Argentine…) nous met en garde contre les dangers de rouler sans filtre à air avec de la poussière. A la fin de l’asphalte, nous repositionnons donc le filtre et retirons l’arrivée régulée d’air. Nous contournons la jolie chaîne de « montagnettes » des 8 frères qui est éblouissante au coucher du soleil. Le soir nous sympathisons avec un couple de Cordoba passionnants. La discussion animée passera en revue les injustices subies par les indigènes et les multiples significations de la whipala (drapeau des indigènes).

La Transalp semble essoufflée dès le départ. Elle grimpe péniblement jusqu’à 4200 mètres, déjà 800 mètres de mieux qu’hier mais ça ne suffira pas avec un col à 4500 mètres. Nous faisons donc demi-tour jusqu’au village le plus proche où nous nous dirigeons vers la seule maison avec de la fumée. Nous trouvons 5 enfants très timides qui vont chercher leurs parents. Le père, Thomas, accepte gentiment de mettre la Transalp dans son garage et nous repartons donc en tandem sur l’Africa. La route trace un filin bien étroit sur ces montagnes immenses.

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Après 3 heures de trajet, nous nous arrêtons déjeuner au milieu d’ânes et nous nous demandons comment il est possible d’établir un village si isolé. C’est en fait par le lit des rivières, à pied ou à dos d’ânes que les gens se déplaçaient. Santa Victoria a ainsi toujours été connecté à un village au Nord qui aujourd’hui est devenu bolivien. Je prends le guidon et on est reparti. La descente vers Santa Victoria a commencée et le précipice sur le bas-côté est toujours aussi impressionnant. On discute des dangers de cette route et de notre prudence en roulant tout doucement, je me vois accélérer et aperçois une pierre au milieu du chemin. Je pense l’éviter mais la moto est projetée vers la gauche et nous chutons violemment, heureusement du côté montagne ! Je ne sens pas trop mes membres mais je m’inquiète de Pancho qui se plaint de sa jambe. Après une belle frayeur on se rend compte que rien de grave est arrivé. Un véhicule s’arrête et embarque Pancho avec les miettes du top case. Je redresse le guidon et repars aussitôt pour rejoindre Santa Victoria. La pression descend, on est entier et c’est là bien le principal. Je ressasse notre discussion au moment de l’accident sur les dangers de la route, mon accélération, la pierre et la chute !

J’attends Pancho au village qui descend tout courbaturé du pick-up. Nous logeons chez Hugo, un retraité d’origine maghrébine et aide soignant à l’hôpital. Il nous y emmène pour vérifier la jambe de Pancho qui aura le droit à une belle piqûre dans la fesse gauche.

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Après ces émotions, nous décidons de prolonger notre séjour à Santa Victoria, après tout c’est dimanche ! De plus, c’est le jour des élections législatives qui animent le village. Notre hôte Hugo et nos remorqueurs Dante et Alberto sont tous impliqués dans cette échéance démocratique qui se tient dans la cour de l’école. Malgré nos tentatives répétées, nous ne réussirons pas à voter et témoignons ainsi de la rigueur des élections argentines !

François se joint au professeur pour une escapade à moto jusqu’au village voisin alors que je grimpe la montagne surplombant le village. Je passe un moment unique entre le silence du lieu et les couleurs de la fin du jour. On convie nos amis du village à dîner pour les remercier de leur accueil chaleureux.

C’est à l’aube que je monte à l’arrière du pick-up de Dante en compagnie d’une candidate député pour retourner à Chaupe Rodeo où se trouve ma moto. Dans ces conditions rudimentaires, je réalise que la politique n’est pas partout « bling bling » …

Nous retrouvons la Transalp chez Thomas alors qu’il dépèce un lama tout juste égorgé en compagnie de sa femme.

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Il nous prie de bien vouloir rester à déjeuner et nous sommes ravis de découvrir la viande de lama. Accueillis comme des princes, ils voudront nous servir (même habitude qu’en Chine) mais nous insistons pour partager ce festin en leur compagnie. Nous commencerons pas une assiette bien trop grande de tripes et terminerons pas des côtes salées citronnées succulentes. Pancho aura la lourde responsabilité de ramener leur fille à La Quiaca sur l’Africa. Nous irons dîner à Villazón en Bolivie où nous sommes étonnés de franchir le pont frontalier sans montrer nos passeports. Nous y dégustons nos premières bières boliviennes.

J’espérais que mon étourderie chronique (que je tiens de mon père, cela ne lui déplaise…) s’en irait avec la décontraction du voyageur… mais rien à faire, j’ai encore oublié mon casque dans le pick-up de Dante. Je fais donc un détour rapide par la Bolivie pour acquérir le casque le moins sécure mais du plus beau jaune vif ! Le style avant tout s'il vous plait !

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Nous partons pour Santa Catalina et, avec ma Transalp à bout de souffle, nous avons tout le temps de profiter des paysages rosés de ces routes à plus de 4000 mètres. Nous arrivons à Santa Catalina où nous nous rendons à la maison de Don Cesar et Dona Blanca en train de déjeuner. Nous ne saurons refuser une part de ce « guizo » (ragoût) de lentilles succulent, où Dona Blanca nous dévoilera sa recette avec du « charqui »  (viande séchée salée) de lama. Nous lui parlons de gastronomie, de notre grand-mère Tita cordon bleu et à notre plus grand plaisir, elle propose de nous démontrer que l’agneau de la "puna"s  (hauts plateaux argentins») et bien meilleur que l’agneau patagon… paris tenu et rendez-vous au dîner !

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C’est en tandem que nous partons pour le village argentin le plus septentrional, l’Angosto. Le fil de l’Angosto, route longeant un précipice et traversant un canyon rouge, est sublime.

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Nous nous arrêtons à l’école où les professeurs et les élèves nous ferons une visite guidée et nous offrirons le goûter. Nous rentrons juste à l’heure du dîner pour un gigot fondant sous la langue… exquis !

Cette fois, nous avons réellement traversé l’Argentine de sa ville la plus australe à son village le plus septentrional ! Nous reprenons la route du Sud par la « puna » d’une altitude moyenne de 3800 mètres. Nous longeons la lagune salée des « Pozuelos » où nous profitons des sols mouvant pour se faire de bonnes sensations de motos, jusqu’à ce que François dérape dans la vase et que je passe à travers la glace d’une rivière gelée.

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En fin de journée, nous retrouvons la route 40 désertique et ensablée et maintenant que nous sommes rodés aux chemins instables, c’est un vrai bonheur de prendre de la vitesse. Nous atteignons les grandes salines alors que le soleil se couche et nous en profitons jusqu’à la dernière particule de lumière.

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Le village de Susques tout en terre est tellement d’un autre temps que nous déambulons dans les rues sous les prises de vues de la caméra de Pancho. Le réseau motard fonctionnant bien, nous entendons parler d'un passionné de Transalp qui a mis au point un filtre à air spécial pour les Transalp 2006, il nous attend sur Jujuy. Ce n’est pas du tout notre route mais l’idée de pouvoir grimper les 5000 mètres de la route mythique du col d'Acay nous incite à changer de trajet. Nous passons à nouveau par les Grandes Salines, puis par la splendide vallée de Lipan avec ses précipices vertigineux.

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Nous arrivons chez Miguel et, deux minutes après avoir enlevé sa cravate, il est sur la Transalp pour changer le filtre à air et régler de nombreux détails. Il nous assure qu’ainsi nous pourrons grimper le plus haut col argentin, en première sans doute mais nous y arriverons !

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C’est au lever du soleil que nous prenons la route de la corniche pour Salta, elle est toujours aussi belle dans le sens Nord-sud. Nous laissons les motos se faire une beauté en pensant à leurs ventes (et oui, nous allons quitter nos fidèles destriers à Buenos Aires) et nous profitons enfin de la magnifique ville coloniale de Salta. La fille de Miguel, qui a bien apprécié un « franchute » plus que l’autre… nous retrouve avec ses amis pour nous faire connaître Salta « by night » ! Le lendemain nous embarquons ces demoiselles en motos au village de San Lorenzo et sur la colline surplombant la ville. Nous faisons la connaissance d’un mec génial, Gérard, un Toulousain Malin ! Nous passons un super moment avec ce gars qui a quitté Airbus pour vivre plus tranquillement dans cette région magnifique du Nord Argentine. Passionné, il gère une agence de voyages à motos un peu comme notre ami Klaus de Bariloche. Nous passerons 3 jours géniaux avec lui et on espère bien qu’on pourra partager quelques kilomètres à motos un jour prochain !

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Nous retrouvons mon casque de motos (celui qui protège un minimum en cas de chute…) et Dante chez Alberto pour un « locro » (ragoût à base de mais) traditionnel dont sa femme est experte.

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En ce lundi 7 juillet, nous partons sur la trace du fameux train des nuages pour une des routes les plus spectaculaires selon les brochures touristiques. La route est belle certes, mais  pas aussi impressionnante que d’autres routes de la « puna » et de la faille d’Humahuaca. Nous réalisons notre chance d’avoir sillonné ces routes perdues des provinces de Salta et Jujuy. Après la ville de San Antonio de los Cobres, nous allons jusqu’au village de Sey par une route d’altitude avec de nombreux névés gelés. Nous voudrons atteindre le bord du cratère d’un volcan mais l’accès est fermé à cette époque de l’année.

Nous démarrons sans savoir si la Transalp atteindra le sommet du Nord Argentin, le fameux col d'Acay. Nous croisons des motards brésiliens en BMW bien mieux équipés que nous qui parcourent plusieurs pays d’Amérique Latine.

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La route commence sérieusement à monter et la Transalp est essoufflée. Déjà en première sur la Transalp, j’hésite à demander le remorquage à un pick-up mais têtu pour têtu je compte bien arriver en haut, même si je dois pousser la moto ! François croise un puma de quelques mois devant moi et je suis bien déçu de ne pouvoir m’arrêter, le risque est trop grand de ne pas repartir ! Le cousin le traque mais avec une bonne distance de sécurité car un jeune ne se ballade jamais sans sa mère… Ces sous l’œil de la caméra que j’arrive triomphant au 4895ème mètre du col d'Acay !

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C’est une magnifique clôture du Nord Argentine et nous avons hâte d’ouvrir à nouveau un carnet de cousin à peine entamé… les vignobles Argentins de Salta et Mendoza !

22 juin 2009

D'une folle décision à une grande déception

Après quelques appels téléphoniques, François décroche un rendez-vous chez Lorca, notre pinot argentin préféré. J’ai une autorisation du boss de chevaucher son Africa Twin et c’est un plaisir d’avoir un peu de puissance dans la poignée ! Nous longeons des salines puis nous allons tester les motos dans des dunes de sable. On se rendra vite compte qu’elles ne sont pas vraiment faites pour des terrains trop meubles, d’autant plus avec nos 30 kilos de charge ! Mais on prend tout de même un certain plaisir à se balancer dans les dunes où est passé le Dakar.

On descend au fond de l’étroit canyon Atuel peint de couleurs vives. La route est magnifique (allez voir dans la vidéo des caméras embarquées de votre blog favori) ! Un barrage immense termine le canyon et nous rejoignons rapidement notre premier vignoble sur San Rafael pour arriver 5 minutes en avance au rendez-vous après 7 heures de motos !

Nous sommes déçus de ne pas trouver le propriétaire qui avait proposé 16 heures et non pas 6 heures… Nous rejoignons l’auberge de jeunesse où nous rencontrons des jeunes de Rosario qui partagent leur « asado » et nous aident à griller le notre (c’est vrai que même 2 carnivores comme nous se sentent un peu novice pour cuire la viande en Argentine). On se joint à eux pour sortir, et c’est un vrai plaisir de retrouver la civilisation avec des argentins pleins d’énergie. Depuis le 5 mars ou nous avons quitté Buenos Aires, nous sommes sortis pour les trente ans de Pancho et ce samedi 13 juin ! Maigre pour deux fêtards comme nous… Et incroyable, c’est viable !

Nous retrouvons Alexandre Lorca (le fils) ce dimanche matin qui nous fera une visite très complète du vignoble. A la dégustation, le pinot se démarque, étonnant dans cette région semi désertique ! Nous partageons le coup de cœur d’Alexandre : le Tempranillo réserve.

Nous allons visiter « Algodon », nouveau vignoble développé autour d’un golf avec un marketing tapageur. Si nous sommes sceptiques sur cette démarche, ses vins se sont tout de même accaparés en quelques années, une place dans les meilleurs crus de San Rafael. La visite commerciale n’est même pas à mentionner mais le déjeuner sous les oliviers en bordure du 9 trous nous a mis en joie ! A moins que ce soit ce soit cet onglet et ce chevreau succulent accompagné du meilleur cru de la propriété… Vin, mets de choix et golf, la combinaison gagnante de mon parrain !

Nous recevons un message de notre ami Boni qui nous propose de se joindre aux Piyus pour leur voyage de Jujuy (Nord Argentine) à Manaus (Amazonie Brésilienne). Jujuy est tout de même à 1600 kilomètres au Nord, nous avons des pneus avants lisses, la transmission de la Transalp est en fin de vie, notre assurance ne couvre ni la Bolivie ni le Brésil et la sortie de nos motos du territoire argentin est incertaine… avec un départ dans 3 jours ca semble compromis ! Nous décidons donc de foncer !

En fin de journée, nous retrouvons nos amis de Rosario à l’auberge de jeunesse et comparons nos meilleures fioles découvertes dans la journée… un vrai bonheur ! Je me souviens notamment d’une de leur trouvaille mixant 4 millésimes et proposant un vin puissant, un délice ! Nous profitons à nouveau de la vie nocturne de Saint Raphael qu’il serait inutile de détailler ici…

Le lendemain nous nous arrêterons dans la cave Bianchi pour acheter quelques fioles des vignobles de San Rafael que nous n’avons pas eu le temps de visiter : Nous prenons la route avec des bouteilles de rouge dépassant de nos filets de protection… C’est avec cette allure et notre interprétation des règles de circulations que nous nous faisons arrêter à un barrage de police, tristement connu pour soutirer quelques pesos aux motocyclistes. Nous n’échapperons pas à leur payer leurs cafés et bières de la semaine…

Nous préférons le village de Maipu que la capitale Mendoza. Nous trouvons une famille avec quelques chambres, assez gentille pour vider leur mini garage pour faire rentrer nos deux motos… elle est loin l’insouciante Patagonie ou nous n’utilisions pas les cadenas !

La matinée est pesante entre les assurances, les pièces détachées et les douanes… cette ville de Mendoza dégage pourtant un savoir vivre qui nous ferait bien poser nos valises quelques jours. Nous profitons d’un « locro » (plat typique à base de maïs) en terrasse et prenons la route qui s’annonce longue !

Nous nous couchons à minuit dans un village de La Rioja et à 5h30 du matin nous nous réveillons avec l’ambition d’atteindre Salta, 1000 Kilomètres au Nord ! Après 250 kilomètres de nuit nous sommes gelés et quand l’aurore pointe à l’horizon, nous nous autorisons une pause café. Je parlerai très peu de la route avalée à toute vitesse… heureusement elle est globalement asphaltée et en pas trop mauvais état. Il est 11h30 du matin et les flics qui nous arrêtent sont bien plus volubiles que les précédents. Ils nous conseillent leur établissement référence pour déjeuner dans le prochain village. A l’entrée de ce même village, un policier nous fait des grands signes et je me demande quelle infraction a-t-il pu me voir commettre… Il nous propose un barbecue avec ses collègues du barrage précédent ! C’est la mort dans l’âme que nous déclinons cette invitation, voyager à cette vitesse nous prive de belles rencontres. Mais c’est notre choix que de vivre deux semaines avec des motards argentins à travers l’Amazonie.

Le restaurant est simple et propose 9 plats pour une somme modique de 2 Euros ! Après ce festin je m’endors littéralement au volant et nous nous arrêtons pour 3 cafés vitaux. Nous atteignons Salta à 18h30, soit 940 kilomètres en douze heures de route (dont 2 heures de pause déjeuner…). Nous retrouvons Carlos, un ami d’ami motard qui nous trouve une auberge et nous emmène déguster les meilleures « empanadas » de la ville dans un restaurant tout simple… succulentes ! Il nous met aussi en contact avec un garagiste de confiance car la nouvelle batterie de l’Africa ne marche que par intermittence et que la transmission de la Transalp est en fin de vie.

Ce sera une journée inintéressante entre les garagistes, les magasins de pièces détachées, les notaires et les consulats afin d’assurer la sortie des motos du pays…

Le grand jour ! Nous retrouvons les Piyus à l’aéroport de Jujuy cette après midi ! Nous prenons la route de la corniche qui relie les capitales Salta et Jujuy. Route superbe où j’ai une pensée pour le troisième cousin de la cuvée 79, le Guillaume ! Il se régalerait tellement à moto sur cette route canon qui rappelle la Martinique !

Nous faisons la connaissance de Roberto Livingston, venu avec le véhicule de soutien. Puis un à un les Piyus débarquent. Nous en avions rencontré une bonne partie chez Luccio quelques mois auparavant. Nous allons retrouver toutes leurs motos à l’hôtel et grimpons directement chez un de leurs amis, un ancien comptable de Buenos Aires qui a décidé de changer de vie. Il a construit une maison magnifique sur une colline au carrefour de trois vallées. La vue est unique et nous avons le plaisir d’avoir un fromage frais et de succulentes gousses d’ails imbibés de vinaigre, suivi d’épaisses lasagnes aux épinards.

Le départ est matinal est l’excitation est palpable avec tous ces motards se dépassant comme des gamins, se mettant debout sur leur monture ou s’arrêtant constamment pour se filmer et se prendre en photos.

Nous atteignons la frontière en début d’après-midi et je vous passerai les détails de cet affreux concours de circonstances qui nous voit bloqués alors que nos amis continuent en Bolivie. Nous avions pourtant réalisé l’ensemble des formalités administratives demandées par les douanes ! Après le départ des Piyus, c’est complètement abasourdis que nous rencontrons les passeurs du village pour une entrée illégale en Bolivie. Ils nous feront réaliser le risque de notre entreprise et la possibilité de perdre nos motos une fois en Bolivie.

Têtu pour têtu, nous retournons à la douane et le nouveau fonctionnaire nous autorise à passer si nous avons un pouvoir en règle. Nous l’avons ! Mais au nom de Roberto Livingston, déjà loin sur les routes boliviennes. Ranga, le père de notre passeur et son ami Santiago, acceptent de passer les motos. Même si ce sont des amoureux de la bouteille notoire, nous tentons le tout pour le tout. Cette démarche inespérée échoue entre Santiago qui s’est volatilisé et les douaniers qui connaissent que trop bien Ranga. Nous nous rendons à l’évidence, ce voyage incroyable à travers l’Amazonie se fera sans nous ! Nous nous consolerons en fêtant les 60 ans de Ranga autour de bonnes grillades. Puis nous prenons la route du Sud.

Nous serons passés de l’excitation, depuis cette folle décision de rejoindre les Piyus pour faire un détour amazonien, à cette immense déception de se voir bloquer pour des détails administratifs. Il est temps de rassembler notre optimisme et notre énergie car les Provinces de Salta et Jujuy regorgent de routes magnifiques traversant des immensités montagneuses.

Posté par maieul à 14:00 - Argentine - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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19 juin 2009

Nouvelle express

On vient de quitter la Patagonie pour découvrir les vignobles. Et un matin on a recu un mail de Bony des Piyus (rappelez vous, Buenos Aires, fan de motos anciennes) nous invitant à les rejoindre pour partager avec eux un nouvelle excursion. L idée est de faire la transamazonienne (à travers la Bolivie et le Brésil), route inusitée. Le premier problème est que nous avons seulement 3 jours pour faire les 2500kms pour les rejoindre dans le Nord, faire les papiers pour sortir les motos du pays et réviser un minimum nos montures. Le second est qu'on ne voulait pas quitté tout de suite la région des vins! La chance unique qui nous est une nouvelle fois offerte de partager cette aventure énorme nous oblige à nous détourner de notre route et à prendre un peu de retard sur votre site préféré. On sait, à ce rythme la on n'arrivera jamais en Alaska!!! Mais rassurez vous, on continue à en profiter...

Posté par Pancho75 à 11:16 - Argentine - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 juin 2009

Les derniers instants patagons

 

En retrouvant nos motos, nous sentons que nous vivons nos derniers jours en Patagonie, cette région mythique qui nous a absorbés pendant ces trois derniers mois.

 

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Hernan est chez lui en train de poser un plancher avec son fils. Nous le suivons pour nourrir sa meute de chiens de traîneaux. Il est impatient de voir la vallée se couvrir de neige afin d’entraîner ses sportifs. En nourrissant les chevaux, nous sommes étonnés de voir qu’il les enferme pour la nuit. Il nous explique que des voleurs de chevaux chiliens traversent la frontière les nuits de pleine lune et volent tout type d’animaux pour se nourrir. Il a déjà perdu deux chevaux l’année dernière!


Nous enfourchons nos motos sous un soleil radieux et faisons un pénible détour carburant. Un taxi nous interpelle et nous apprend que nous avons perdu un sac à dos sur la route ! C’est le fils d’Hernan qui, en rentrant de l’école, a fait arrêter le bus afin de le récupérer. Puis son père a lancé un appel radio afin de retrouver les deux motards… ce détour carburant nous évite de perdre le disc dur externe où toutes nos photos étaient sauvegardées !

Avec un joli soleil et sans vent, nous avançons rapidement, ralenti uniquement par un poste de contrôle ; les uniformes nous arrêtent toujours, plus par curiosité que par devoir ! 

 

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Entre un lac magnifique et des volcans se dressent la ville de Caviahue où nous faisons le plein. Puis nous serpentons une route de montagne pour atteindre les termes de Copahue désertes en cette saison. Nous avons donc le loisir de nous balader en tenue d’Adam de bains en bains dans le village !

 

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A la nuit tombante, nous décidons de rejoindre les amis de Hernan qui font une bière artisanale (sachant que mon Pancho aimerait bien faire la sienne un jour). Nous rencontrons ainsi Maxime et Gimena avec qui nous descendons quelques bonnes bières fraiches. Nous sommes fascinés par leur expérience et leur projet. Installés dans cette ancienne caserne à l’abandon qu’ils se sont attribués en rentrant par la fenêtre, ils veulent vivre de leur passion entre des excursions à chien de traîneaux et leur activité de brasseur. Ils partagent leur repas et nous invitent à dormir, ce qui nous évite un mal de tête et une nuit glaciale.

 

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Le lendemain, il faut bien attendre 10h que le soleil chauffe afin de pouvoir prendre la route. Route sublime entre volcans et végétation multicolore où des chevaux sauvages paissent à proximité d’un lac. Le passage par El Huecu sera combiné par le plein de carburant et la devenue classique conversation avec les policiers !

 

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La route serpentine jusqu’au village El Cholar où l’on nous confirme que le raccourcit par la piste est praticable en motos (et seulement en motos…). Vallée déserte et chemins défoncés qui nous procurent de bonnes sensations de liberté et de pilotage... Le sandwich et la bière artisanale sur ce point de vue sont un vrai moment de bonheur ! Au plein d’essence de Chos Malal, la moto de Pancho ne démarre pas sans la pousser. Le soleil descend vite à l’horizon et la température chute rapidement. Nous avons tout de même le plaisir de croiser un père et son fils gauchos tout droit sortis de la carte postale d’un volcan sous les couleurs rosées de la fin de journée. Nous sommes gelés et pensons camper à proximité d’un joli lac drapé de couleurs irréelles.

 

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Faute de chemin d’accès nous continuons jusqu’aux prochaines habitations. Je demande sans détour à un cavalier nourrissant sa monture de bien vouloir nous héberger et c’est avec plaisir qu’il nous accueille chez lui. Le traditionnel maté réchauffe notre carcasse congelée. Notre hôte supporte peu les centres urbains, il préfère les conditions spartiates de cette bâtisse sans chauffage. La soixantaine bien avancée, il passe la majeure partie de ses journées à cheval.


En nous endormant, nous réalisons que c’est bien notre dernière nuit en Patagonie. Pouvait-il y avoir une plus belle fin que cet accueil d’un humble gaucho ? Cela résume exactement ce qui nous a plus dans cette région australe : des hommes simples à l’image de leur environnement naturel.

Les motos démarrent sans problème malgré le froid matinal. Et pour une fois, c’est bien nous qui décidons de nous arrêter au barrage policier afin qu’ils immortalisent nos derniers mètres patagons.

Sans le panneau routier, nous aurions aussi vite compris que nous étions sortis de la Patagonie andine car le paysage change brutalement. La journée défilera sur une route asphaltée au milieu de reliefs arides, de puits de pétrole et d’un volcan enneigé surplombé de la lune et du soleil. Nous atteignons Malargue que nous apprécierons par un cocktail bien à notre image : une nuit au camping municipal avec le meilleur restaurant de la ville ! J’en profite pour aviser le chef que nous sommes ici pour célébrer les 30 ans de mon cousin préféré… c’est bien normal en ce 12 juin 2009 ! Nous aurons ainsi un menu dégustation avec champagne et buffets de desserts offerts par la maison.

 

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C’est aussi la célébration de nos 100 jours patagons et l’ouverture du prochain carnet de cousin : les vignobles argentins.

 

 

11 juin 2009

Chiloé

Nous voila donc dans le bus direction le Chili où nous attend Nicole, rencontrée à Chile Chico. Le temps de rêve et la route sublime nous laisse un goût amer d'avoir abandonné les motos pour nous enfermer dans un car!

Après une bonne journée de 7h de motos et 8h de bus, nous arrivons enfin à Puerto Octay (petit village chilien à 100kms au nord de Puerto Mont) où nous accueillent chaleureusement Nicole et son père. On est vite surpris par le calme et la gentillesse du paternel. Après tout, il accueille tout de même chez lui,  2 gringos invités par sa fille!

Nous profitons de sa camionnette pour faire le tour du lac llanquihue qui passe au pied d'un volcan, à travers une forêt vierge.

Le lendemain nous faisons la connaissance cette fois de la mère de Nicole qui passera toute la journée avec nous afin de nous faire découvrir les alentours et notamment le petit bourg Frutilla. Elle est pleine de vie et respire d'amour pour sa fille qui réussira sans mal à lui emprunter sa voiture pour notre excursion sur l´île Chiloé.

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Chiloé fait partie de ces endroits dont on entend parler depuis longtemps (à commencer par notre cher tonton Michel) et dont on est impatient de découvrir. Cette île située au sud du Chili est réputée non seulement pour ses paysages mais aussi pour sa culture (principalement église et artisanat). Autres attraits importants à nos yeux: la gastronomie et c'est au sud de l'île que commence, ou termine la Panamericana!

Nous arrivons de nuit sur Chiloé et, après une première dégustation d'un plat typique, curanto (fruits de mer, charcuterie et galette de maïs... tout dans la finesse!) nous plantons la tente sur la plage. Bien que ce soit la saison des pluies, c'est sous un soleil radieux que nous prenons notre premier bain dans le Pacifique. La légende veut que celui qui se baigne à Chiloé, reviendra à Chiloé...

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Pour avoir tellement entendu les mérites de l'île, nous avions peur d'être déçu; mais au fure et à mesure que nous parcourions le nord, ce fut tout le contraire qui se passa. Nous nous apercevrons tout au long de notre séjour sur l'île que tout ce qu'on nous avait raconté sur cet endroit s'avère plus qu'exact! Les paysages sublimes et variés, la culture gastronomique (poissons, crabes, ceviche...que nous ne manquerons pas de déguster directement sur les marchés), la culture religieuse avec de nombreuses églises en bois classées au patrimoine de l'humanité et l'artisanat avec notamment le travail de la laine... Bien que nous ayons parcouru la majeure partie de Chiloé, profitant du nord au sud de chacun de ses attraits, il nous aurait réellement manqué une partie essentielle si nous n'avions pas eu la chance d'échanger et de partager un moment avec ses habitants. Cette opportunité, c'est Jose qui nous l'offrit en nous invitant chez lui alors que nous lui demandions s'il connaissait un endroit pour dîner. Il était en train de rentrer de son travail à cheval, et nous invite donc à le suivre. Quelques minutes plus tard nous voilà en voiture sur la plage, en suivant un cavalier au galop: magique!! Nous devons abandonner la voiture sur la plage pour finir le dernier km à pied. Jose habite avec toute sa famille dans un décors de rêve. Sa maison qu'il a construit avec son fils, est perchée sur une falaise verdoyante, avec une vue privilégiée sur l´Océan Pacifique. Nous passerons la soirée et le petit déjeuner à échanger sur la vie de l'île et pour ma part à prendre un nouveau cours de préparation d'empanadas.

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Nous resterions bien un peu plus longtemps dans cet endroit mais il est temps de rendre la voiture et c'est le coffre chargé de saumon fumé et d'araignées que nous rejoignons Puerto Octay.

Nous profitons de notre dernière journée avec Nicole pour faire une ballade au volcan Cabulco, visiter une fromagerie et le soir, nous préparons un festin à la madre pour la remercier de nous avoir prêté sa voiture.

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Il est temps d'accompagner Nicole à l'aéroport et on prend un certain plaisir avec le cousin d'être à l'étranger et d'aller à l'aéroport non pas pour prendre l'avion mais pour y déposer une personne du pays!!!

Ce n'était sans compter sur la difficulté pour Nicole de quitter les 2 cousins: son avion est annulé!!! Nous voila donc avec l'opportunité de continuer pour encore quelques jours notre route avec elle. L'idée est de parcourir la région des lacs, cette fois côté chilien. Le problème est qu'il faudrait de nouveau emprunter la voiture de la madre et on n'ose pas trop; mais apparemment ça ne gène pas du tout Nicole! Non seulement on privera la mère de son moyen de locomotion mais en plus on lui enlèvera son autre fille, Conie, qui était venu la voir pour le we. J'ai tellement honte que je discute avec la maman qui m'explique qu'au contraire elle est ravie que ses filles découvrent un peu le pays. Décidément jusqu'au dernier moment, l'échange avec cette maman aura été géniale. Aussi bien pour les différentes conversations où elle montrait un réel intérêt à nous connaître tout en n'hésitant pas à certain moment à nous chambrer, que dans sa relation qu'elle entretient avec ses filles!

L´ ambiance dans la voiture est au beau fixe: les 2 soeurs qui ne se sont pas vus depuis longtemps sont ravies de passer le we ensemble, quant au 2 cousins ils vont vite accrocher avec Conie qui est aussi bonne vivante que sa soeur.

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Après une courte visite chez leur tante, nous arrivons au village de Pucon où l´on profite pour acheter des spécialités locales à savourer plus tard dans la soirée. Comme prévu cette région des lacs chiliens n´a rien à envier à celle de son voisin argentin et possède même le charme d´être moins touristique. Nous nous arrêterons à la tombée de la nuit au bord d´un lac pour planter la tente et savourer les produits récemment achetés au tour d´un bon feu. Après une courte hésitation d´une baignade matinale dans le lac glacé, nous continuons notre route bien décidé à monter un stratagème pour mettre nos deux soeurs chiliennes dans le prochain lac...mission accomplie en début d´après-midi. Une dernière soirée chez Conie à Tehmuco et il nous faut déjà reprendre la route direction l´Argentine où nos motos nous attendent pour ouvrir une nouvelle page et non la moindre: celle des vignobles argentins....

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29 mai 2009

De la frontiere chilo-argentine à la frontière argento-chilienne: Chile Chico à Pino Hachado

Nous voilà avec un trentenaire et un jeune encore dans la vingtaine qui retrouvent leur moto à Los Antiguos en Argentine. Le confort de la jeep a été appréciable sur la "caretera australe" chilienne humide et enneigée mais quel plaisir de retrouver nos bécanes!

Nous démarrons avec un soleil radieux en contournant le lac San Martin. A l'estancia Cerrito nous retrouvons Edgardo et les gauchos qui nous avaient remorqué quelques semaines auparavant de Bajo Caracoles à Sarmiento. Nous partageons un maté, puis nous dirigeons vers un passage de frontière isolé en espérant passer à moto au Chili. Nous avons beau leur romancer notre voyage et leur assurer que nous reviendrons vendre les motos en Argentine, nous sommes poliment refoulés! C'est une déception car nous ne connaîtrons pas les paysages de Puerto Ibañez à Pumalin et des villages australs comme Puyuapi. De retour à la ferme Cerrito, les « gauchos » nous remonterons le moral avec un bon « asado » et nous partagerons leur chambre.

Nous sommes de plus en plus à l'aise sur ces chemins de graviers et nous prenons plaisir avec le balancement de la moto. Une fois le soleil disparu, nous nous arrêtons dans une ferme ovine au milieu d'une vallée magnifique pour demander l'autorisation de camper. Nous serons gentiment redirigé vers le village le plus proche.

A l'entrée du prochain village, Facundo, le mécanicien nous propose de camper dans son jardin. Nous prendrons un maté animé avec ses 11 enfants dont la dernière de 2 jours née 30 ans jour pour jour après le Pancho! Nous nous retrouvons professeur de mathématiques et de dessins et les accompagnons faire des courses où nous serons assaillis de questions sur notre voyage et où il nous raconterons une multitude d'anecdotes sur leur grande famille. Nous sommes clairement attendris par tous ces petits et cette famille modeste si nombreuse.

En vérifiant le liquide de refroidissement je remarque qu'il est vide et notre hôte mécano m'apprend que le gel a fendu la chemise du moteur comme le prouve l'eau dans l'huile et le bruit métallique que fait la moto (qu’il me fait entendre très clairement avec un bout de bois entre le moteur et mon oreille). Il est très dangereux de rouler car le moteur peut serrer d'un moment à l'autre. J'apprends la mauvaise nouvelle au cousin qui est sceptique. Nous décidons de téléphoner à Marcelo qui entend par téléphone le piston faire un bruit anormal même s'il est sceptique sur la bonne foi du garagiste. Mais notre garagiste nous propose une solution miracle ; à savoir que son ami chef d'atelier d'un concessionnaire de la ville la plus proche accepterait de faire passer le changement des 2 pistons comme garantie d’une de ses motos et nous permettrait ainsi de diminuer le prix de 1300 à 500 euros! Sceptiques mais ayant peur de serrer le moteur, nous rappelons Marcelo et le passons au mécano afin qu'il sache déceler si la panne est réelle ou non. Marcelo se rend compte en 2 minutes que notre hôte est un usurpateur et nous déclinons ainsi poliment sa solution. Le mécano nous dévoile ensuite ses dons miraculeux que sa foi en Dieu lui donne et nous dit que pour 120 euros la moto sera réparée demain matin... Nous déclinons à nouveau sa solution miracle mais l'écoutons jusqu'à 2h du matin nous parler de sa foi et de ses dons!

Le lendemain, les 2 amateurs mécanos que nous sommes vont écouter le bruit du moteur qui semble distinct de la veille... Nous avons hâte de le voir effectuer ses prières sur la moto mais il nous dit qu’il s’en est déjà chargé depuis son lit et que la moto n’a plus de problèmes. Nous prenons ainsi la route d'Esquel.

Je démarre confiant car je ne l’imagine pas nous laisser partir avec une moto sur le point de sombrer. J’assume ce risque que Pancho aurait préféré ne pas prendre et nous démarrons sous tension. J’écoute la moto et il est vrai que persiste un bruit métallique mais à l’heure du déjeuner elle fonctionne toujours ! Un mécano nous dit que le cylindre arrière ne fonctionne pas… Nous montrons la bécane à deux autres mécanos ; un entend un bruit pas net, le deuxième entend du bruit dans l’embrayage... Quelques kilomètres plus tard la moto sonne véritablement et je commence à prendre peur que la transalp lache. J’appelle Mariano de Comodoro qui nous dit qu’un bruit métallique n’est à priori pas grave (on remarquera plus tard que ce sont les visses mal ajustées des défenses de la moto qui sonnent…). Nous continuons donc peu rassuré et atteignons sans encombre Esquel où nous montrons la moto au Churri, un vrai mécano de moto. Le diagnostique est clair : La moto n’a pas de problème moteur! Notre hôte de la veille n’était qu’un charlatan qui nous aura fait bien peur pendant 24h mais qui n’aura pas réussit à nous soutirer le moindre peso.

Nous sommes toujours passés entre les gouttes mais ce samedi 20 mai, des trombes d’eau se déverse sur Esquel. Nous passons une journée entre la rédaction du blog et les magasins d’équipement de pluie. Nous ne trouvons pas de tenues adéquates si ce n’est des bottes en caoutchouc. Nous continuons donc avec nos kway « made in China » et nos peaux de moutons mais nous pourrons changer les sacs plastiques par les bottes et devront avoir les pieds secs !

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Heureusement le lendemain le ciel se calme et nous arrivons au Parc National Les Alerces (arbres millénaires de la région). Nous commençons la visite du Parc par la dégustation de produits régionaux… Nous longeons de superbes lacs et déjeunons en bordure d’une rivière verte émeraude, la préférée de Mercedes de Buenos-Aires.

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Le festival de couleurs d’automne et de lacs déclinant tous les dégradés de bleu se poursuivra tout au long de l’après-midi. Nous remorquons jusqu’au garde forestier un responsable de laboratoire pharmaceutique qui a crevé avec ses clients cubains, bloqué au milieu de la nature où le passage moyen en cette saison est de 2 véhicules jour. Cela nous fait réaliser la chance que nous avons de n’avoir eu aucune crevaison ni problème mécanique parmi ces étendues désertes que nous traversons depuis 7000 kilomètres.

La pluie glaciale se transforme progressivement en neige.

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Le paysage si joli nous fait oublier le froid et nous atteignons Epuyen bien heureux de cette superbe journée. Nous arrivons au Refuge du Lac d’Epuyen chez Jacques, un français guide de montagne qui est venu s’installé il y a quelques années ici. Nous partageons nos produits régionaux et les succulentes lasagnes de Jacques et sommes fascinés devant les descriptions de toutes les excursions de la région. Le lendemain matin la pluie est torrentielle et nous patientons en bouquinant. Une amie de Jacques est bloquée par les chemins boueux dans sa ferme et elle doit faire appel à Marcos et son 4*4 pour l’amener au Refuge du Lac. Nous parlons avec Marcos qui aime bien les motos et il appelle son beau-frère Klauss qui organise des excursions à motos afin que nous le rencontrions à Bariloche. Une éclaircie en fin d’après-midi nous décide à prendre la route. Ce n’était sans compter sur l’Africa qui n’a plus du tout de batterie. Tant bien que mal nous arriverons à la démarrer et les chiens nous remercient de la visite en trouant la peau de mouton qui me sert de jambière et en déchirant le pantalon de pluie du Pancho…

Au Bolson, le dernier village « hippie » d’Argentine (qui n’a rien à voir avec le Katmandou des années 60), nous apprenons que la route s’est effondrée un peu plus loin et que toute circulation est coupée ! Nous continuons jusqu’au lieu dit Foyel où de nombreux véhicules sont bloqués, il n’y a donc aucun lit de disponible. Un restaurant nous offrira de dormir dans la salle, il faut juste attendre la fermeture avant de se mettre dans nos duvets. C’est un couple fascinant même si c’est clairement elle qui dirige… Elle cuisine des confitures et des conserves, elle ramasse des champignons, elle sculpte le bois et beaucoup d’autres produits qu’elle vend sur les marchés. Il travaille la terre des voisins avec ses bœufs qu’il a dressés et ainsi ils ont achetés les matériaux et construit le restaurant en famille. Ce soir il fait froid et humide, pas un client apparaît sauf les deux cousins qui goûtent les conserves de sanglier et de truite ! Ils nous invitent à partager leur repas et nous avons un super échange avec toute la famille jusque tard dans la nuit.

Il faudra attendre 16h pour qu’une voie de la route soit réhabilitée et que nous puissions passés. Nous retrouvons Klauss à l’entrée de Bariloche et il nous invite à dormir chez lui. Cadre chez Unilever pendant de nombreuses années, il a décidé de changer de cap et de déménager en Argentine avec femme et enfants. Amateur de montages vidéo, les « Piyus » (les passionnés de motos anciennes que nous avions rencontrés sur Buenos Aires) lui ont demandé de suivre leur périple de la route 40, de La Quiaca à Ushuaia. Ce voyage fascinant lui à donner envie de monter sa boîte et aujourd’hui il propose des excursions à moto. Il vit donc 8 mois sur sa moto en vadrouille et 4 mois sur les skis en famille !

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Avec ces échanges fascinants nous ne resterons pas une nuit mais trois ! Francois, se sentant vraiment bien chez Klauss, attrape une gastro-entérite et nous resterons une quatrième nuit …

Les chevauchées à moto commençaient à nous manquer et nous sommes heureux de prendre la route sous le soleil (rare en cette saison des pluies). La vallée enchantée est superbe. Nous atteignons « San Martin de los Andes » où François a le plaisir de voir la finale de la coupe de champions Barça vs Chelsea. Nous arrivons au Parc National Lanin quand le soleil lui se couche. La température tombe rapidement et nous nous arrêtons au premier campement silvestre pour planter la tente. 

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Le lendemain nous vadrouillons dans le Parc et la vue du volcan Lanin enneigé est magnifique, surtout avec ce cheval blanc juste devant ! Nous nous arrêtons dans une école d’agriculture et un professeur très chaleureux nous fera visiter l’intégralité des locaux et des productions. Il nous apprend ainsi que les lamas se domestiquent très bien contrairement à leurs cousins les guanacos et qu’ils essaient de promouvoir leur élevage à la place des chèvres qui désertifient la région. Nous apprenons aussi que les élevages de cerfs ne sont pas pour la viande mais pour récupérer un liquide aphrodisiaque des bois qui sera payé une fortune par les japonais ! Nous avons pris un peu de retard pour attraper le seul bus du week-end qui nous amènera dans la région des lacs chiliens. Nous roulons de nuit en remontant un canyon et atteignons Alumine ou nous dormons sur une mini plage en bordure de la rivière.

Ce matin, on part avant que le soleil perce ; la route est encore entièrement gelée.

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On est rassuré de rouler avec des pneus arrière neufs ! Vous n’imaginez pas la différence de température entre les tronçons de route à l’ombre et au soleil, du sang qui ne circule plus au coup de soleil instantané ! Nous essayons de grimper un volcan jusqu’au cratère mais la neige nous l’en empêchera. Nous faisons rêver les douaniers avec notre voyage mais ils nous refusent encore une fois de passer au Chili avec les motos à notre nom ! Nous accélérons car il  nous reste moins de 2h avant le bus qui se trouve à 60 kms de chemin de terre. J’avais presque oublié ce sentiment de pression… La vallée est magnifique avec ces arbres si graphiques, les araucans qui habillent la cordillère. Il est difficile de ne pas s’arrêter pour contempler le paysage !

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Nous arrivons à Pino Hachado à l’heure du départ du bus et nous laissons les motos chez Hernan, un ami de Klaus qui a des chiens de traîneaux.

Par radio il demande au bus de nous attendre au passage de frontière et le chauffeur nous acceptera en enregistrant un seul passager et en gardant le tarif du deuxième pour son café…

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15 mai 2009

Carretera Austral

Comodoro Rivadavia otra vez:

Après un ultime remorquage, nous voila de retour  à Comodoro Rivadavia que nous avions quitté il y a environ un mois. Nous retrouvons avec un plaisir non dissimulé Marcelo qui comme à son habitude nous accueille chaleureusement. Même si on a l’impression de revenir en arrière et que l’on commence à saturer des problèmes mécaniques, on se rend tout de même compte de la chance que nous avons de connaître Marcelo en qui on a totalement confiance. Et pour être tout à fait honnête, on n’est pas mécontent à l’idée de passer encore un peu de temps avec lui, Martin et leurs potes.

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Marcelo qui est submergé par le boulot, met tout de côté pour travailler directement sur la transalp. Même si l’on est un peu gêné, nous sommes obligés de reconnaître que cela nous arrange bien. La panne vient bien de la fonte des disques d’embrayage et en attendant l’arrivée des pièces de rechanges, nous profitons d’avoir un peu de temps pour avancer votre site maintenant préféré : Carnets2cousins !

Nous passerons 4 jours à Comodoro à vivre dans l’atelier où nous travaillerons sur  les motos, à faire de nombreux festins ( asado,  lomo a la plancha, viande de guanaco au disque) accompagnés bien entendu des breuvages qui vont bien : bières, vins et fernet, et même à y dormir !

Comme nous l’avions imaginé nous resterons une nouvelle fois plus de temps que prévu dans cette ville pétrolière où la chaleur humaine nous aura encore attrapé. Bien que ces amitiés soient récentes, nous les ressentons réellement intenses et sincères. Nous serons à nouveau impressionnés par la simplicité,  la gentillesse et la générosité de Marcelo, mais également de Martin dans son côté plus déjanté.

Ce sera donc le cœur un peu lourd et après une dernière soirée bien arrosée organisées par nos hôtes pour nous despedir que nous reprenons la route.

De nouveau au Chili :

Il nous faut maintenant retraverser le pays d’est en ouest et tenter de passer avec les motos au Chili. Isaac et Saul, les 2 frères chiliens rencontrés à Bajo Caracoles, nous attendent avec leur jeep et leur kayac pour faire une partie de la carretera austral. Il est 18h lorsque nous arrivons enfin à la frontière et, malgré notre indiscutable charme français, nous n’arrivons pas à convaincre la responsable des douanes de nous laisser sortir les motos du pays. J’essaye en vain une dernière tentative, pendant que Mayeul convainc le chauffeur de la navette entre Los Antiguos (côté argentin) et Chili chico (côté chilien) de faire demi-tour à los Antiguos pour que l’on y dépose nos motos et que l'on traverse avec lui. Bien que nous sommes frustrés de ne pas avoir réussi à passer les motos, nous relativisons en pensant à la chance que nous avons souvent dans ces moments : il a fallu qu’on arrive à la douane au même moment que la dernière navette qui fait la jonction ! C’est donc à pied que nous rentrons au Chili, bien décidés à retenter notre chance plus tard à un autre paso plus au nord.

Il nous faut maintenant retrouver nos 2 compères chiliens ce qui va s’avérer une mission assez facile. En effet, dans ce petit village de 500 habitants, leur grosse jeep avec les 2 kayaks sur le toit n’est pas passé inaperçue. On nous indique rapidement où elle se trouve et nous retrouvons nos frérots bien au chaud dans une maison de 3 étudiantes chiliennes.

L’accueil est naturel et chaleureux. Nous apprenons rapidement que le départ est prévu pour le lendemain soir et que nous aurons la compagnie de la gente féminine pour le we…dure dure !!!

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La Carretera Austral :

L’hiver étant arrivé sur la cordillère, nous ne sommes pas mécontents, pour une fois, de faire ce détour de 500 bornes pour rejoindre le début de la carretera austral à l’abri de la pluie, de la neige et du vent.

Tout ce que l’on nous avait raconté sur cette route mythique, ne tarde pas à se confirmer. Les paysages sont magnifiques et nous déciderons rapidement de planter la tente aussi bien pour éviter  les dangers de la route sinueuse, mais surtout parce qu’il est dommage de ne pas faire cette route de jour.

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Le réveil au milieu de la cordillère avec de chaque côté des couleurs un panorama différents nous donnera raison. Après un concours franco-chilien de baignade rafraîchissante dans le lago général carrera, nous reprenons notre route direction Cochrane. Nous avançons au  ralenti pour économiser les pneus arrières bien usés de la jeep ce qui n’empêchera pas notre 1ère crevaison après seulement 50 kms. Nous profitons de la pause déjeuner pour changer la roue et continuons notre lente expédition sans se lasser des différentes vues qui nous sont offertes.

Une journée de route et 70kms parcourus nous atteignons Puerto Bertran, bourgade au bord d’un lac turquoise qui nous parait l’endroit idéal pour passer la nuit. Les filles connaissent une personne et nous déniche un toit pour dormir et un endroit pour faire un feu. Nous retournerons vite en enfance, lorsqu’après avoir dégusté un excellent dîner préparer sur les braises, les filles nous proposerons de jouer à « action ou vérité »…no coment. Même si ce qui se passe à Puerto Bertran reste à Puerto Bertran, je peux quand même vous dire que Cacho (Mayeul) choisira à chaque fois « action » !!!

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La route jusqu'à Cochrane est réellement impressionnante, et nous décidons de la prolonger un peu pour dormir dans un parc national. Nous y passerons une dernière nuit au coin du feu avec Gretel, Joan et Nicole (préférence des cousins, certainement pour le prénom qu'elle a en commun avec notre chère grand-mère). Cette fois c'est le jeu de la bouteille, plus basic mais néanmoins efficace. Isaac a vite fait de comprendre que j'avais hérité d'une place stratégique et n'a pas tardé à me la piquer¡¡¡

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Nous sommes dimanche et les filles doivent rentrer (on commençait à peine à oublier qu'il y en a qui bosse!!), nous les déposons au bus et profitons d'être dans un village pour faire réparer la roue crevée. Mais un problème en cachant un autre, Saul découvre un problème bien plus important au niveau de l'axe de la roue.   

Nous devons, le temps de la réparer, nous résoudre à quitter le confort de la jeep, pour continuer la route en stop vers villa O’Hingins et Caleta Tortel. Les 2 cousins qui venaient de quitter ses problèmes mécaniques se retrouvent avec 2 frères et d'autres problèmes!!! Mais avec tout de même un cadeau de consolation: un chilien avec qui Saul a discuté 5mns, lui a laissé les clés de sa cabane qui se trouve sur notre chemin...aussi généreux qu'improbable!

Et pendant ce temps là Margot pointe le bout de son nez¡¡¡

Une première camionnette nous avancera un peu et nous déposera sur la route à côté d’une estancia dont ne tardera pas à faire connaissance avec les gauchos¡ lls s’apprêtent à tondre les moutons et je saute sur l’occasion pour leur demander si nous pouvons les aider. Ils passent environ 5mns par agneau quand nous, nous mettons difficilement 25 mns pour terminer le notre¡¡¡

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Encore une fois ce qui pouvait paraître une galère se transforme en une nouvelle expérience unique et enrichissante. En effet si nous étions passés en jeep nous ne nous serions probablement pas arrêtés dans cette estancia...

Nous sommes le 4 mai et je ne le sais pas encore mais ma filleule, Margot, est en train de naître, offrant par la même occasion à son grand-père, son plus beau cadeau d’anniversaire¡

Après cette excellente journée, nous trouverons finalement un bon samaritain qui nous emmènera jusqu'à la cabane qui nous a été gracieusement prêtée. Après une tentative de pêche infructueuse, nous dégusterons une des meilleures soupes préparée par chef Isaac.

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Le lendemain à peine arrivés sur le chemin pour tenter de continuer notre route, nous retombons sur notre bon samaritain de la veille qui n'hésitera pas à nous redonner un coup de main. Nous ne le savons pas encore, mais il accompagne le capitaine du bateau qui fait la traversée du bras de mer, pour rejoindre la route qui mène à Villa O'Higgins: on ne pouvait pas tomber mieux! Nous profitons de la traversée pour trouver une voiture qui nous emmène jusqu'à destination. Notre sauveur, Georges, est un ingénieur de la voirie qui pour avoir étudié à l'alliance française, parle couramment français. Mayeul profitera des 100kms pour échanger sur le sujet tabou qui divise les populations de la patagonie chilienne: "las represas" (les barrages). Le gouvernement a vendu les droits de l'électricité à une entreprise espagnole qui a un projet de construire des barrages en patagonie où les sources d'eaux sont importantes. Le projet apporterait certes du travail à la population, mais serait un désastre au niveau écologiques et visuels pour la patagonie. Il a déjà commencé à diviser les gens et nous en aurons vite un aperçu flagrant à Villa O'Higgins où l'accueil des habitants sera des plus glaciales.

Georges nous déposera à 8kms du village que nous rejoindrons à pied après avoir vu passer 2 camionnettes qui n'auront pas voulu s'arrêter.

Si la route était splendide, le Village l'est beaucoup moins et l'ambiance qui y règne, ne nous donne pas envie d'y rester très longtemps. Dès le lendemain nous partons pour notre prochaine destination, Caleta Tortel un village de 500 habitants au milieu des fjords chiliens.

  L’endroit est réellement magique et ressemble fortement à la Baie de Halong tout en n'y ayant rien à envier.

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A peine arrivés au village nous faisons la connaissance avec l’un des habitants, Augusto qui après une bonne soirée arrosée nous offrira son toit pour la nuit. On se fera réveiller a l’aube par le frère, et 15mns plus tard nous voila embarqués sur une barque direction une des îles du coin pour aller couper du bois. Nous passerons la journée à s’improviser bûcheron au milieu d’un décors magique. La pluie qui est quasi présente tous les jours dans la région, se montrera une nouvelle fois indulgente avec nous, apparaissant seulement de temps en temps en petites averses.

Nous serons remerciés de cette journée de travail par un réel festin dans le chalet de nos hôtes.

Je pars en avance avec Isaac, pour essayer de voir si on peut rencontrer quelqu'un qui partirait vers Cochrane. La première neige de la saison a fait son apparition et sur le chemin nous nous arrêtons à la bibliothèque je profite de leur ordinateur pour faire un tour sur internet.

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J'aurai juste le temps avant que le courant se coupe de lire un des mail les plus important depuis notre départ et l'annonce de ma soeurette enceinte. C'est Ben qui m'annonce la naissance de ma filleule: Margot. J'ai du mal à réaliser et un sentiment de plein bonheur et en même temps de frustration me submerge. C'est la première fois du voyage où à ce moment précis je souhaiterai  d'avantage être en France que dans l'endroit magique où je me trouve. Même si nous vivons une expérience énorme et que c'est un véritable choix d'être ici, il y a des moments importants qui me manqueront et que je regretterai ne pas avoir vécu avec vous. La naissance de Margot en fait incontestablement partie (tout comme celle de Clément et des autres qui vont suivre!).

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Nous quittons ce superbe endroit sous la neige qui lui ajoute un caché, après avoir rencontrés Camille, une française, qui après avoir parcouru la carretera Austral a pied il y a quelques années, s’était arrêtée a Tortel  vivre quelque temps. L'échange est agréable et me donnera un peu plus d'informations sur le sujet sensible des represas pour lequel elle souhaitait faire un reportage pour Géo.

Nous voilà de retour à Cochrane, après une semaine de vadrouille en stop. Malheureusement comme je le prévoyais la jeep qui devait être prête depuis plusieurs jours n'a pas avancé d'un pouce. Je dois reconnaître que j'ai du mal à être aussi zen que nos frérots chiliens. Nous passerons 2 jours de plus contraint et forcés dans ce village et dormirons sous la tente, plantée dans le jardin du mécano. Pour palier au froid des premières neiges nous dégusterons 2 bonnes bouteilles de vin en l'honneur de Margot.

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La jeep enfin prête, nous nous dirigeons vers notre prochain objectif: les cathédrales de marbre (grottes formées par l'eau sur le lac général Carrera). Suite à une nouvelle crevaison, nous nous ferons offrir un café et du fromage dans une cabañas. Après une chaleureuse discussion, nous repartons dans la nuit avec un pot de confiture à la rhubarbe et, après avoir changer la roue, nous faisons encore quelques kms pour mettre la tente au bord de la rivière.

Le lendemain, alors que nous roulons depuis à peine une heure, nous entendons un bruit sourd qui n'annonce rien de bon...c'est la remorque que nous traînons qui vient de lâcher! On se regarde tous les 4 en se demandant lesquels entre les frères et les cousins portent la poisse! Nous n'aurons pas le temps de trouver la réponse qu'un camion

nous donnera un sérieux coup de main. Nous chargerons, non pas sans mal, la remorque dans celle du camion qui nous l'amènera directement jusqu'à un soudeur du prochain village. Le temps de préparer à déjeuner avec Cacho et le problème est résolu.

Le but est maintenant de trouver le meilleur endroit pour planter la tente le plus proche du lac et profiter des kayaks pour visiter les cathédrales de marbres. Nous trouverons bien mieux que ça: une estancia au pied du lac qui nous offrira son hangar pour faire du feu et dormir.

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Comme souvent depuis notre départ l'accueil est simple et chaleureux. Nous passerons un peu plus de 2 jours à faire du kayak sous un soleil d'été, à faire de la chicha (cidre), du pain et à prendre le mate avec nos hôtes.

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Bien joli cadeau pour un trentenaire¡

De nouveau dans la jeep, nous nous apprêtons à passer nos derniers moments ensemble. Los hermanos continue vers le nord côté chilien et de notre côté nous devons repasser en Argentine pour récupérer nos motos. On est le 14 mai, demain j’ai 30 ans et mes compagnons de route ne l’ont pas oublié. Même si je me doute qu’il se prépare quelque chose dans mon dos, je suis loin d’imaginer tout ce qui m’attend. Après 2 semaines sans le moindre morceau de viande (Isaac étant végétarien), j’ai le droit à un asado de cordero accompagné d’une bouteille de “Margaux”, dédicace oblige, et d’un gâteau de crêpes au dulce de leche (caramel onctueux) préparé sur le feu. Jusqu’au Chapeaux et confettis, ils n’auront rien oublié et nous achèverons cette excellente dernière soirée en dégustant un pisco autour du feu.

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Nous quittons non pas sans mal nos deux frérots pour retourner à Chile Chico où nous attende Nicole, Joan et Gretel. J’aurai une nouvelle fois droit à toutes les attentions: bonnes bouteilles de vin, tarte maison et un bel aperçu de la vie nocturne de ce village de 2500 habitants. Mais ma plus belle surprise et mon plus beau cadeau viendra de l’autre côté de l’Atlantique: Charlie et Ninai vont avoir des Jumeaux!

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25 avril 2009

Détour par des fermes patagonnes

Devant tous les récits que l’on nous en a fait, nous avons très envie de connaître l’extrême Sud de la route australe construite par Pinochet. Afin d’éviter de faire un aller retour sur le chemin de terre humide, mais surtout parce que cela n’a jamais été fait par des véhicules, nous aimerions traverser la frontière argentino-chilienne du Chalten ou du lac O’Higgins. Pour traverser depuis le Chalten, il faudrait pousser la moto avec l’aide des militaires sur quelques kilomètres de sentier boueux escarpés et trouver un ferry qui passe tous les jeudis. Malheureusement nous sommes vendredi. Nous optons donc pour la solution par le lac Saint Martin (partie argentine) - O’Higgins (partie chilienne) mais ni la gendarmerie ni les postes routiers sont à même de nous indiquer si la route est praticable jusqu’à la frontière...

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Nous longeons à nouveau le lac Viedma en cette fin d’après midi et c’est un pur moment de moto. Sans vent nous atteignons rapidement le lieu dit « Tres lagos » ou la pompiste nous apprend que le chemin de graviers commence dans un kilomètre et qu’il n’y a ni restaurant ni aucune habitation sur la route. Nous décidons tout de même de poursuivre pour avancer un peu. Nous roulons pour la première fois de nuit mais avec aucun véhicule en face, la route est agréable. Nous nous arrêtons aux premières lumières, à l’Estancia Siberia. Nous serons reçus ou plutôt rejetés par un gaucho qui nous indique qu’ils sont fermés (alors que le panneau à l’entrée indique OUVERT et que les lumières sont allumées)... En insistant, nous aurons le droit de planter la tente non pas sur le gazon devant les bâtiments mais dans le champ épineux 100 mètres plus bas... C’est la première fois que nous vivons un rejet et d’autant plus aussi brutal, nous nous interrogeons quelle a bien pu être la raison. Nous lui avons sans doute fait peur avec nos cagoules, nos cuirs et nos grosses motos ; en effet, nous n’avons croisé aucun véhicule depuis la tombée de la nuit.

Le lendemain, nous partons tôt sans demander d’eau chaude pour le maté… Vers midi, nous sommes toujours sur un chemin de terre et après 1 kilomètre d’hésitation, nous faisons demi-tour pour « l’estancia Santa Thelma ». Les habitations sont rares et nous aimerions savoir si l’on peut passer par le Nord du lac O’Higgins et « l’estancia  Tucu Tucu » pour rejoindre le Chili. Nous trouvons 4 français et un gaucho souriant qui nous invitent à déjeuner, spaghetti – agneau. Señor Martinez nous apprend que le chemin est praticable et qu’il y a une passerelle pour traverser la rivière Mayer. Antonella et Vincent sont arrivés il y a 6 mois dans cette ferme appartenant à un fiscaliste français qui a voulu donner un nouveau cap à sa vie. Il a acheté un cheval en Patagonie et pensait rejoindre l’Alaska. Il s’est finalement arrêté ici et a acheté cette ferme. Sur le point de les quitter, Señor Martinez nous invite à rester dormir, il est 15h, ce n’est plus une heure pour prendre la route ! Nous les accompagnerons sur la deuxième ferme qu’ils sont en train de rénover et dont ils vont piloter le développement en ferme touristique. Thomas et Thomas ont rejoint la ferme qui fait parti du réseau WWOOF World Wide Organic Farming afin de travailler un moment en échange du gite et du couvert. Une fois le toit posé ils pensent continuer leur voyage. Nous découvrirons « l’estofado » soit un ragout à base d’agneaux avec quelques légumes...

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Le dernier poste routier avant la bifurcation pour rejoindre le Chili est désert. Nous décidons tout de même de tenter notre chance sachant que nous n’avons pas assez d’essence si nous ne passons pas au Chili ! Nous nous informons aux premières habitations, les « piedras blancas » mais nous ne trouverons qu’un vieux garde solitaire pas du tout au courant de l’état du chemin. Au bout de 1h30, nous rencontrons la deuxième ferme, « los faldeos » Diego et le vieux pensent que le chemin est praticable jusqu’au bout mais la passerelle a été emportée il y a 3 semaines ! Et il est très peu probable de traverser la rivière Mayer dont le courant est très fort. Il faudra demander à la ferme « Entre Rios » s’ils ont les moyens de nous aider à traverser. Nous partageons notre soupe fromage avec eux et reprenons la route avec beaucoup plus d’incertitudes qu’avant le déjeuner…

Nous nous arrêtons chez les voisins, la ferme « Rio Capitan » où Pancho ne pourra refuser un deuxième déjeuner de gigot au four... succulent. Nous apprenons que la gendarmerie a un énorme 4 * 4 pour traverser la rivière mais seulement en hiver quand le cours d’eau est plus bas. Nous faisons le plein d’essence en prévision d’un demi-tour à la frontière qui nous semble de plus en plus probable !

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7 kilomètres plus loin, je ne peux m’empêcher de m’arrêter encore une fois demander l’état de la route au campement des routiers. Le responsable m’indique que le Mayer est infranchissable, et que nous devrons traverser une rivière auparavant avec 1 mètre d’eau. Sans commentaires. Nous poursuivons. 

La vallée est magnifique et nous avons de la chance avec la météo clémente.


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Le chemin est boueux par endroit ce qui entraînera la première chute de François et la casse de mon bagage latéral droit. A partir de la ferme l’âme du gaucho, il n’y a plus de chemins et nous traversons des prairies colorées. Nous nous arrêtons avant chaque obstacle boueux afin d’étudier la meilleure manière de passer. Nous croisons le premier véhicule qui n’est autre que Cristian de la ferme « Entre Rios » qui nous garanti que nous ne pourrons pas traverser le Mayer ; à moins que la gendarmerie accepte de transporter les motos. Devant si peu d’espoir, nous hésitons à traverser la rivière qui va nous mouiller jusqu’aux genoux. On n’a pas fait 6 heures de route pour s’arrêter à 5 kilomètres de la frontière ! On traverse donc et on atteint la gendarmerie à la tombée de la nuit. Toute l’équipe vient à notre rencontre afin de voir les 2 premiers motards qui se présentent au passage de frontière Mayer. Nos derniers espoirs tombent à l’eau lorsqu’ils nous apprennent que l’alternateur de leur véhicule ne fonctionne plus. A une journée de motos de la route 40, les deux cousins sont bloqués au fond d’une vallée magnifique mais isolé par un chemin difficile, impraticable par temps de pluie.

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Cristian nous convie à sa table où nous découvrirons un nouvel apéritif, le Gancia limonade et nous dégusterons notre deuxième « estofado ». Nous dînons avec le vétérinaire, un ami et un voisin. En fin de soirée, au lieu de nous laisser dormir sous la tente par ce froid, il prend pitié et nous propose une chambre!

Une belle journée s’annonce et lors du premier maté, nous décidons de rester sur la ferme pour « aider », ou plus exactement pour participer ! Les gauchos ramènent une partie du troupeau et attrapent un veau au lasso pour le déjeuner. Il est 10h du matin et la matinée de boulo se termine... Le veau est égorgé, dépecé et découpé en quelques minutes. Puis nous mettons deux pièces de viande (le « vacillo » et la « tira de asado ») en croix á proximité d’un brasier.

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L’après midi sera un peu plus laborieuse, nous trions les vaches de leur progéniture. Après le maté de la fin d’après-midi, nous lançons un nouvel "estofado" arrosé de vin en brique cartonnée Toro. Il est marrant d’entendre toutes les anecdotes de la vallée, ils connaissent tous leur voisins 300 kms aux alentours ! L’année passée ils ont eu 70% de pertes sur les veaux. Ils connaissent les voisins qui font la contrebande de leurs veaux mais dans ces étendues montagneuses, il est difficile de les prendre sur le fait.


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Le deuxième jour, on est un peu plus aguerrit pour amener les veaux dans le corral. Les gendarmes de la frontière sont aussi présents, il faut dire qu’ils n’ont presque pas de passage à l’automne, à part deux français un peu timbrés…

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Après un déjeuner de filets de veau, on décide de les quitter car le temps est incertain et s’il pleut, nous serons bloqués au fond de la vallée. Au bout d’une heure et demie nous avons parcouru les 10 kilomètres de prairie et je préfère demander le gîte à la ferme afin d’éviter de rouler de nuit. Le propriétaire nous ouvre la salle des tondeurs pour dormir, nous apporte une lampe à pétrole et nous aide à rassembler du bois pour la cuisinière avec laquelle Pancho me préparera une polenta. Il pleut toute la nuit et si l’on a passé la partie des prairies, il reste une vingtaine de kilomètres de chemin de terre non stabilisé...

Nous ne sommes pas sortis de l’allée de la ferme que je suis déjà tombé deux fois. 2 fermiers nous suivent en 4 roues motrices sur le premier kilomètre pour nous indiquer les meilleurs passages et nous aider à débourber et relever les motos. C’est un véritable cauchemar. La transalp a du mal à monter les pentes. Maintenant la boue s’accumule sous les gardes boues et les roues avant ne tournent plus. Chaque fois que l’un tombe, l’autre passe devant avant de chuter et de laisser l’autre explorer la prochaine difficulté.

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On est tellement épuisé que l’on arrive plus à relever les motos. On tente de passer doucement ou rapidement, dans les ornières, dans les flaques de boues ou sur les côtés ; il n’y à rien à faire. Je tombe et me fait mal sur la même cheville que lors de ma première chute. On s’arrête tout le temps pour enlever la boue sous nos gardes boues. Chaque mètre parcouru est un effort. François tombe, se tord la cheville et casse son rétroviseur pendant que je fini d’exploser mon bagage latéral. On aimerait arrêter le désastre mais aucune habitation n’est en vue. On est véritablement gelé. On espère que l’habitation la plus proche est devant nous. De toute manière on n’arrive pas à réfléchir. Enfin une lueur d’espoir, des véhicules à l’horizon. On avance tellement doucement que l’on met plus d’une heure pour arriver à leur hauteur. Ce sont les travailleurs en train de stabiliser le chemin... On leur demande de nous remorquer. Ils nous affirment que derrière eux le chemin a été stabilisé. Une dernière zone instable de travaux et après on aperçoit les véhicules qui lèvent de la poussière, ce qui signifie que le chemin est sec à quelques mètres de nous. Les graviers rejoignent la boue pour former une pâte dure qui se coince sous le garde boue et j’entends un « CLAC ». Ma moto n’avance plus, le moteur tourne bien mais elle n’avance plus d’un mètre...

Un travailleur remorque la Transalp au campement ; le même où on s’était arrêté quelques jours plus tôt. Il est 18h et il se met à neiger. Nous avons réussit l’exploit de parcourir 15 kilomètres en 7 heures !

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Le campement est fait de containers. Le cuisinier nous laisse le sien et va partager le voisin avec un collègue. Nous prenons une douche chaude et dévorons nos meilleures milanaises d'agneau avec des frites maisons suivi de viande grillée. Exquis ! Il faut dire que l’on n’est pas habitué à oublier le déjeuner... Le retour dans le container est glacé car le chauffage ne marche pas. Ils réveillent notre sauveur qui démonte entièrement l’appareil et nous donne ainsi le luxe de mettre nos affaires à sécher. Le lendemain matin, le chef accompagne un travailleur de manière exceptionnelle pour raisons familiales à Bajo Caracoles ; nous aurons ainsi la chance de se faire remorquer dans la bonne direction !

A Bajo Caracoles, on se fait déposer au poumon du village qui fait office d’hôtel – station service – café – téléphone. On cherche une camionnette pour Perito Moreno. Mon cousin rencontre deux frères chiliens, Saul et Isaac qui veulent nous aider. On me présente le gendarme du coin qui va justement déposer sa femme à Perito Moreno. Flairant qu’il me propose ses services pour arrondir ses fins de mois, je lui précise que je ne cherche pas une dépanneuse mais une personne prête à nous aider. Il m’affirme qu’il n’y a pas de problèmes et au moment de démarrer me demande 300 pesos. Je lui rappelle notre discussion et il me dit que c’est sa femme qui insiste. Je lui propose de payer l’essence des 130 kilomètres, sa femme refuse et nous déchargeons la moto. Ce n’est pas l’argent (300 pesos = 70 euros) mais le fait de s’être fait prendre pour un guignol qui a entraîné le rejet de cette solution qui s’offrait à nous. Après tout, pour une fois que l’on voyage sans avoir un avion à prendre.

On partage avec les frères chiliens un repas végétarien mais copieux qui nous recharge d’énergie. Je contacte par téléphone notre ami mécano Marcelo de Comodoro Rivadavia et il me confirme que ce sont les disques d’embrayage qui ont fondus. Lui et son ami Martin devaient nous retrouver ce week-end pour faire un bout de chemin ensemble. Ce sera finalement à nous d’aller les retrouver à Comodoro, souvenez-vous les deux jours inoubliables que nous avions passés pour une cause de chaîne mal tendue ! C’est bien beau mais les 3 heures de stop sur la route n’ont rien donné et nous sommes bloqués dans ce village où l’on sent très clairement que la principale activité est de soutirer de l’argent aux gens de passage. Les frères chiliens ont du débourser 70 pesos pour réparer une crevaison soit 5 fois le prix usuel ! Heureusement nous avons rencontré le responsable du camping qui nous laisse planter gracieusement la tente et nous donne même des bières et quelques "empanadas" pour ne pas perdre le moral.

Le lendemain matin, le juge de paix qui se rend en camionnette où nous voulons aller trouve des excuses pour ne pas nous remorquer et le stop ne donne pas plus de résultat. Je pars en moto à la recherche d’un camion transportant du bois de chauffage supposé retourner à vide dans la Pampa ; ce qui signifie qu’il passera par Comodoro. La première ferme est vide. La deuxième a vu le fameux camion partir par un autre chemin il y a une demi-heure. Edgardo, en charge de la ferme et négociant de laines me propose de passer prendre la moto jusqu’à Sarmiento, ville à 150 kilomètres de Comodoro, c’est une aubaine !

Heureux de quitter ce village opportuniste, je pars en Africa Twin et Pancho monte dans la camionnette. Avec le vent sur le chemin de terre, j’avance péniblement. J’arrive à la station service du rendez-vous où je pense les voir m’attendre depuis longtemps mais je ne trouve personne. Ils se sont arrêtés sur la route acheter de la laine. On intervertit les montures : François part en moto à Sarmiento vers l’Est. Je monte dans la camionnette à la ferme Cerito vers l’Ouest. Nous déposons les travailleurs sur la ferme et je découvre le « puchero » (une version de l’estofado, une soupe d’agneau bouilli avec quelques légumes…) avant de mettre le cap vers Sarmiento. Il est tard et je me force à ne pas dormir pour parler à Edgardo qui s’endort ! Nous retrouvons vers 2h du matin Pancho dans une station service. Le chemin était très mauvais et il l’a parcouru de nuit. Il a chuté mais a réussit (je me demande comment) à relever l’Africa tout seul. Edgardo nous accueil dans son garage, je choisi la camionnette comme couchette.

En route pour la boulangerie, François échange avec l’administration routière et nous trouve une camionnette pour Comodoro.

Venant d’apprendre la mort de mon oncle Michel Rouquette par un courriel de papa, je trouve cela très difficile de ne pas être proche de ma famille. Je me rends compte que c’est bien plus difficile de ne pas être présent pour les mauvaises nouvelles que les heureuses. A Ushuaia, j’ai appris le décès d’Alice Fagalde, cela m’a aussi frustré de ne pouvoir lui rendre un dernier hommage.

Je savais que Alexandre et Nat, Benjamin et Sevrinne allaient avoir un bébé et les naissances d’Emilie et d’Alice m’ont rendu heureux même si nostalgique de ne pouvoir partager ce moment avec eux. Mais je sais que j’aurais le temps de les connaître plus tard. 

En revanche je n’ai pas pu partager ce moment difficile avec mes proches et ce ne sera pas possible en rentrant, ce sera différent.

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15 avril 2009

Patagonie australe: du glacier Perito Moreno au Mont Fitz Roy

A la frontière argentine, le soleil est déjà bien bas et nous nous hasardons à demander le gîte. Surprise, ils acceptent et nous nous partagerons finalement leur dortoir, leur douche et leur pizza maison. Le douanier trouve notre projet de voyage génial mais nous informe qu’il refuse régulièrement la sortie du territoire à des touristes avec des véhicules argentins. Il nous conseille le passage Roballo (avec peu de passage, il y a plus de chance de parlementer avec les douanes) pour rejoindre la « carretera austral » chilienne.

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Le lendemain, nous rejoignons la ville Calafate, ville étape avant le glacier Perito Moreno. Sur la route ensoleillée, nous croisons de nombreux guanacos et choikes (petits niandu patagons) et lors de la descente sur le lac, une multitude de condors, Nous suivons un conseil que l’on nous a répété souvent : nous arrivons avant 8h du matin au glacier et passons librement devant les guichés fermés ! Nous béneficions d’un lever de soleil splendide depuis des passerelles en bois à quelques centaines de mètres de la glace. Le glacier avancant sur la rivière de 2 mètres par jour, des pans entiers se détachent et tombent dans l’eau dans un bruit assourdissant entraînant une vague impressionante. Nous rencontrons Milind, un californien d’origine indienne passionné de photos et lui promettons de passer le voir en Californie sur notre route. L’excursion en bâteau jusqu’au pied de la glace nous offrira une perspective plus nette des 70 mètres de hauteur du « ventisquero » (glacier en contact avec l’eau, je ne sais pas si nous avons ce mot spécifique en francais...). Nous aurons la chance de voir 5 chutes massives de glace.

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Ce même après-midi, nous prenons la route pour El Chalten, village au pied du célèbre Mont Fitz Roy. Nous commencons par contourner le lac Argentine et terminons par longer le lac Viedma avec le Fitz Roy entièrement dégagé en ligne de mire.

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Nous retrouvons Milind et lui proposons de l’aider à emporter son matériel photo au pied du Fitz Roy. Je démarre la ballade avec un mal de genou persistant depuis la randonnée de Torres del Paine et 2 bâtons prêtés par Adrian de nôtre auberge Onaniken. Le panel de couleurs des lengas (un des 3 arbres typiques la patagonie avec le coigüe et ñirre) est impressionant en ce début d’automne. Nous atteignons le lac au pied du Mont qui reste caché dans la brume. Le turquoise de la « laguna sucia » (lagune sale) offre un contraste saisissant avec la roche qui l’abrite.

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Au campement de base, nous rencontrons un californien d’origine coréenne amateur de photos avec un matériel impressionant. 3 personnes ont été nécessaires pour lui apporter. Il est là depuis 5 jours, pense rester le double et nous assure que demain matin sera un bon jour. Il ne faut pas manquer l’aube à 7h45. Nous démarrons de nuit pour atteindre un point de vue et nous n’allons pas être décus... Un ciel dégagé avec les 3 petits nuages nécessaires pour augmenter les contrastes et le panel de couleurs. Temps idéal pour prendre des photos et savourer l’imposante stature des 3400 mètres du Fitz Roy, qui se démarque à cet endroit où la pré cordillère des Andes n’est pas très élevée. Milind insistera pour nous offrir quelques bières artisannales et un agneau grillé, tellement content de ses clichés de la matinée.

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10 avril 2009

Le Vrai départ... Terre de feu et région de Magellan

Terre de Feu

Depuis le printemps 2008 où nous évoquons le voyage, nous évoquons toujours la traversée du continent américain: du sud de l’hémisphere Sud au nord de l’hémisphere Nord, depuis Ushuaia jusqu’a l’Alaska. Quatre mois après avoir quitté nos familles, nous voilà sur la ligne de départ, plus proche des 13000 Kms de la France et de la Chine que des 17000 Kms de l’Alaska…


Nous prenons uniquement la monture la plus robuste (je dois reconnaître que c’est l’Africa Twin de Pancho…) afin de longer le sentier sud de l’île de la Terre de Feu. Le départ sous un froid humide n’est pas vraiment gai mais nous persistons avec l’espoir de dormir au milieu d’une nature vierge. Nous sortons des bois au moment où le ciel se dégage et la vue sur la canal de Beagle est splendide. Nous ne croisons pas un véhicule mais des brebis, des vaches et une multitude d’oiseaux. Nous nous arrêtons congelés à l’estancia Haberton où une stagiaire nous offre un café qui nous réchauffe corps et âme. Nous continuons le sentier et à la nuit tombante nous nous réfugions sous la tente.

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Difficile de se lever le lendemain avec le bruit incessant de la pluie sur la tente. Nous partons à jeun en se projetant à la pause café... Malgré une météo difficile, nous apprécions ce chemin côtier. C’est détrempé que nous rencontrons le responsable de l’estancia Haberton qui nous conte ses rudes conditions de vie, d’autant plus en hiver ou la ferme est totalement isolé. Ils n’ont plus de brebis depuis le rude hiver 1996 ou un tiers du troupeau a succombé. Il faut un minimum de 4000 têtes pour que la production ovine soit rentable entre le prix de la laine très bas, les morts naturelles et surtout le vol des voisins estimé à 15% du cheptel ! Nous retrouverons cette constante dans les différentes fermes de Patagonie.

De retour à Ushuaia, nous décidons de nous offrir un agneau et du vin chez Moustachio, un des plus vieux établissements du coin ; quoi de mieux pour retrouver un peu de chaleur ! Nous rencontrons de la neige au col Garibaldi et nous longeons le lac Fagnano jusqu’à Tolhuin.

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Nous nous arrêtons aux premières lumières pour demander où se trouve le camping et l’on nous offre des pisco, une truite et un toit pour la nuit. Le responsable des chalets est un poète et ses hôtes sont un poète et un jeune couple de Cordoba. La standardiste et sa soeur nous accompagneront dans cette nuit billard, ping-pong bien arrosée. La plus jeune écrira un poème :

Hoy conoci a un frances

Que degustaba los vinos

Era increible ver a alguien

Que no lo derrochara al servirlo

Pensar que vino de tan lejos

Y se cofunde con uno mismo

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Tout le monde dort quand vers midi nous reprenons la route. La pluie s’intensifie. Notre vision se focalise sur le pavé humide. Notre seul pensée est le nombre de kilomètres à parcourir avant de trouver un endroit chaud pour se sécher. Un poste militaire nous déconseille le passage de frontière « Bella Vista ». Avec ce temps humide, il est difficilement praticable par les 4 roues motrices et encore moins par les motos. Les frissons nous rendent moins téméraires et pour une fois, nous allons suivre le chemin de la raison et suivre la route pavée.

Nous rentrons dans une cafétéria de Rio Grande, sacs de plastiques déchirés aux pieds (pour compenser nos chaussures non imperméables). Nous remarquons à peine que nous sommes la principale attraction du café. Malgré la table de quatre que nous utilisons pour étendre nos vêtements dégoulinant et nos allers retours pieds nus au sèche mains des toilettes, les regards sont compatissants, les serveurs avenants et la table voisine nous donne des conseils pour la route qu’ils connaissent bien.

Trempé pour trempé, nous décidons de continuer. Au passage de frontière, nous croisons des motards et c’est intriguant de voir comment avec un regard nous nous sentons complices. Un français vient du Nord et a longé les Andes par la route 40. Au vu des nombreux drapeaux sur leurs bécanes, un couple à du cheminé un brin à travers les amériques.

La fin d’après-midi nous offre un spectacle unique de jeux de lumières sur ce chemin de terre longeant la Baie Inutile, une récompense pour notre persévérance?! Nous atteignons le village de Porvenir que nous imaginions bien plus petit d’après les anecdotes de Denis Chevallay (rencontré á Puerto William).

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Cela fait un mois que nous sommes partis de Buenos Aires et nous décidons à l’unanimité de nous payer notre première nuit d’hôtellerie, « l’España » auberge en bois ou nous trouvons la chaleur nécessaire pour sécher la tente. Nous rencontrons des étudiants européens étudiants à Santiago dont Théotim, un français sympathique.

Après  être arrivé sur l’île de la Terre de Feu par « Punta Delgada » plus au Nord, nous embarquons  pour une traversée de 3 heures pour Punta Arenas. Au bout de 1h30, une annonce micro nous apprend que nous faisons demi tour, les courants étant trop fort pour atteindre le port. Nous sortons sur le pont et nous rendons compte combien nous dérivons : le détroit de Magellan ne se traverse pas tous les jours, même avec le bateau imposant sur lequel nous nous trouvons ! 3 heures après être parti, nous atteignons notre port de départ. Nous préférons dormir à bord. Nous sommes une petite dizaine à avoir fait ce choix, notamment Sarah et Victoria travaillant comme assistantes sociales sur Punta Arenas.

L’estimation de départ de 7h du matin ne sera pas respectée et c’est seulement vers midi que nous entamons la traversée. Nous avons la chance d’être accompagnés de petits dauphins noirs et blancs qui joue sur les vagues du bateau pendant prés d’une demie heure. Ne demandez pas à François la vidéo du spectacle car le malheureux a inversé « marche » et « arrêt » et l’on voit plus ses pieds que les acrobaties des 5 dauphins...

Région de Magellan

Nous débarquons à Punta Arenas sous une pluie intense et n’hésitons pas longtemps entre le terrain boueux de camping et la nuit à l’intérieur pour 3 euros supplémentaires...

Nous retrouvons Sarah et Victoria dans un restaurant qui propose un buffet à volonté de viandes. Ce sera donc une entrée d’agneau, un plat de résistance de boeuf, un cochon de lait pour le fromage et de l’agneau patagon en dessert...

Nous imaginions la ville de Punta Arenas plus animée et plus attractive. Deux jours après être arrivés, nous sommes contents de prendre la route pour la prochaine étape, « Torres del Paine ». Le premier plein d’essence nous apprendra que suivant le dialecte local, « Aiken » signifie « l’endroit de ». C’est pour cela que la station service s’appelle « Servi-Aiken », que l’auberge du coin s’appelle « foyer-aiken », le lac « eau-aiken ».


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Nous atteignons Puerto Natales gelés, et la sympathie de l’aubergiste transformera notre pause déjeuner en véritable festin. Il commence par nous offrir un café pour se réchauffer, emporte nos chaussures chez lui pour les sécher, nous prépare un saumon exquis et nous offre une salade de fruits « pour la route » comme il dit !

On nous a pourtant garanti qu’il y avait de l’essence à Cero Castillo mais impossible de trouver la station dans ce village de 30 habitations... Après 3 explications détaillées, nous tombons sur un panneau en bois ou « essence » est peint à la main. Nous frappons à l’habitation la plus proche où une femme sort avec la clef pour ouvrir la cabane qui abrite les distributeurs de gasoil et d’essence.

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La route qui mène au parc des « Torres del Paine » est splendide avec un cirque montagneux, les tours dégagées et des lacs aux couleurs différentes dont le lac vert qui est d’un turquoise irréel !

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A la cabane de l’entrée, nous laissons la majorité de nos affaires et partons avec 2 sacs allégés pour la randonnée. On ne reproduit pas l’erreur de Puerto William où nos sacs avaient quelques centaines de grammes de superflu... nous optons pour le café à la place du maté, pour les pâtes en remplacement des conserves, pour plus de soupes déshydratées au lieu des pâtés, et pour seulement une paire de chaussettes et un tee shirt de rechange. Le personnel de la CONAF nous indique que le col étant enneigé et les refuges fermés, nous n’avons que la possibilité de se balader dans le circuit du « W », option la plus populaire. Après un détour vers le sud du Parc où j’aurais le plaisir de rencontrer des poseurs de glissière « Tertu », nous arrivons de nuit sous la pluie au camping des Torres. Nous profitons du feu d’un avocat américain John et sa fille Rosa pour une soupe de citrouilles.

Le lendemain matin il pleut toujours. Ayant décider de ne pas écouter les employés de la CONAF et de faire le grand circuit, le « O », nous partons tôt. Nous échangeons avec un autre employé du parc qui nous confirme qu’il y a de la neige jusqu’aux c...uisses ! Le ciel se dégage et la matinée sera ensoleillée. Nous décidons de faire un film de la ballade pour vous changer un peu de nos écrits interminables...

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5 jours et 130 kms plus tard, nous quittons les tours de Paine avec des images pleins la tête. Notamment celle du glacier gris qui nous a marqué par son étendue et ses couleurs mouvantes.

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Posté par maieul à 21:51 - Chili - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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